« Camarades » voilà un terme qui, quelque soit la personne, femme ou homme, à laquelle il s’adresse, ne s’attache pas à la différence sexuée.

1) Tout d’abord, j’aimerais commencer par un peu d’histoire :
En 1910, la conférence des femmes de la 1ère internationale socialiste, réunie à Copenhague, décide « d’organiser chaque année une journée de lutte des femmes pour le droit de vote ».
En 1914, à Paris, une première manifestation est organisée qui porte à la fois sur les revendications des travailleuses, le droit de vote des femmes et la paix.
Ce n’est qu’après la 1ère guerre mondiale que s’est imposée la date du 8 mars.
Trois origines lui sont attribuées :
Grève des ouvrières américaines,
Manif du parti socialiste américain pour le droit de vote des femmes,
Manif des femmes à St Petersburg (Petrograd), élément déclencheur de la révolution russe.

2) Le 8 mars et ce qu’il véhicule en termes d’a priori dans la société.

Aujourd’hui la nature et le contenu du 8 mars sont l’objet de controverses :
S’agit-il de valoriser l’image traditionnelle de « la » femme ou d’agir pour émanciper « les » femmes de toutes formes d’exploitations et de dominations ?
S’agit-il d’une journée de « fête des femmes « ou de luttes pour les droits des femmes » ? d’une journée syndicale ou d’une journée sociétale (sociétale : se rapporte aux divers aspects de la vie en société des individus) ?
Chaque année les mêmes questions se posent.
La réponse donnée dans la société dépend, pour beaucoup, de l’impact grand public, des initiatives prises par la CGT et du contenu qu’elle aura su leur donner.
Maintenant un peu de sémantique:
Le 8 mars n’est pas « la journée de la femme », mais « la journée internationale de lutte pour les droits des femmes ».
L’idée de « la journée de la femme » crée une énorme ambiguïté, entretenue par certains médias et la publicité. Cette ambiguïté axée sur une hypothétique valeur marchande de cette journée, dénature l’origine, les raisons et les objectifs de sa création.
Il est vrai que l’on peut déplorer qu’une et une seule journée soit consacrée à la défense du droit des femmes. Cela s’explique, certainement, par le fait que ces problématiques sont encore loin d’être considérées comme essentielles dans une société encore largement machiste.

3) Lutter contre le sexisme ordinaire et les stéréotypes :
Les stéréotypes de genre sont confortés dès la naissance par l’éducation, la publicité ou encore les médias.
Les comportements sexistes ne sont pas toujours conscients et peuvent être aussi bien portés par les femmes que par les hommes.
Le sexisme ordinaire au travail se définit comme l’ensemble des attitudes, propos et comportements fondés sur des stéréotypes de sexe. Ils sont directement ou indirectement dirigés contre une personne ou un groupe de personnes, en raison de leur sexe. Bien qu’en apparence anodins, ils ont pour objet ou pour effet, de façon consciente ou non, de délégitimer et d’inférioriser les personnes de façon insidieuse voire bienveillante, et peuvent entraîner une altération de leur santé physique ou mentale.

Le sexisme au travail se manifeste au quotidien par exemple :
Au travers des blagues et commentaires sexistes
Des remarques sur la maternité
Des stéréotypes négatifs
Des incivilités ou des marques d’irrespects
Des compliments ou critiques sur l’apparence physique non sollicités
Des pratiques d’exclusion.
Les stéréotypes touchent aussi les hommes, exemples :
- Ils sont forts physiquement
- Ils sont virils
- Ils sont guerriers, n’ont peur de rien
- Ils sont dispo 24h/24h
- Ils ont une autorité naturelle.

Tous ces stéréotypes enferment les hommes et les femmes dans des rôles prédéfinis uniquement en fonction de leur appartenance sexuelle.

Exemple :
Aux femmes la douceur, l’écoute, la fragilité, la beauté.
Aux hommes la force, la virilité, l’autorité.
On dira :
d’un homme coquet : « qu’il fait tapette »
d’un homme sensible : « qu’il est une femmelette »
d’un homme hésitant : « qu’il n’a pas de couilles »
d’une femme sportive (footballeuse, rugbywoman, boxeuse…) : « c’est un garçon manqué »
d’une femme qui prend des décisions : « qu’elle est trop autoritaire ».
(Pour en apprendre plus, lire le guide de la CGT : « Réussir l’égalité Femmes/Hommes dans la CGT »).

4) A la CGT :
Promouvoir un fonctionnement interne favorisant l’implication de toutes et tous
Au travail, dans les transports ou à la CGT, les femmes ont toutes des anecdotes personnelles sur le sexisme.
Omniprésent dans la société, le sexisme est aussi présent dans la CGT et constitue un frein à l’implication des femmes.
Le sexisme conduit à traiter les femmes d’abord en tant que femmes et non comme militantes ou responsables.
Les femmes doivent en permanence prouver leur valeur, leurs compétences, régulièrement remises en causes. Les attitudes sexistes ne sont souvent pas intentionnelles et nécessitent que chacun-e s’interroge sur ses pratiques.

5) Revaloriser les emplois à prédominance féminine :

Lier l’égalité au travail et l’égalité dans la vie :
On ne peut pas comprendre les rapports de dominations si on ne s’intéresse pas par exemple aux tâches domestiques et aux responsabilités familiales (exercées à 80% par les femmes), ou aux violences sexistes ou sexuelles.
C’est la raison pour laquelle la CGT se bat pour prévenir les violences au travail comme dans le couple et protéger les femmes qui en sont victimes.
C’est aussi le sens de la position abolitionniste de la CGT sur la prostitution.
Les femmes sont plus nombreuses à prendre un congé parental, c’est du fait des stéréotypes, mais aussi par calcul économique, pour que celui qui a le meilleur salaire continue à alimenter les revenus du foyer.
Lutter contre les inégalités salariales constitue un levier pour favoriser l’égalité dans la société.
Les emplois à prédominance féminine sont dévalorisés, et la pénibilité du travail des femmes n’est pas reconnue.
Souvent l’on considère les compétences requises et les savoirs faire pour l’exercice de ces métiers comme étant plus de l’ordre de « l’inné » et non de « l’acquis » et donc considérés comme prétendument naturels.

Pour finir et pour ceux (ou celles) qui en doutait :
Cette intervention n’a pas pour but d’imposer des modèles de comportements aux femmes et aux hommes, ni de promouvoir « La guerre des sexes ».
Bon visionnage des 2 vidéos et bons débats.

Caroline PAULIAT GUY

Les vidéos sont tirées du site internet du « Centre Hubertine Auclert ».
Hubertine Auclert est, née le 10 avril 1848 à Saint-Priest-en-Murat dans l'Allier et morte le 4 août 1914 à Paris, journaliste et militante féministe française qui s'est battue en faveur du droit des femmes à l'éligibilité et du droit de vote des femmes.

 

 

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